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Information boursière

Situation sur les marchés : contexte, analyse et impact sur votre portefeuille

Le monde est sous l’emprise des taux d’intérêt. La persistance des chiffres élevés de l’inflation fait craindre aux investisseurs de nouvelles hausses de taux – plus rapides et significatives – par les banques centrales. Et c’est justement ce qu’il vient de se produire : la banque centrale américaine, la Fed, a relevé mi-juin ses taux directeurs de 75 points de base. Ce resserrement monétaire alimente à son tour la crainte d’une récession. Parallèlement, la guerre en Ukraine continue de peser sur l’économie, et ce, particulièrement en Europe. Il n’est dès lors pas surprenant que la volatilité sur les marchés atteigne des sommets.

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Les hausses de taux mettent fin à l’ère de l’argent « gratuit »

Ce 15 juin, la Fed a relevé ses taux directeurs de 75 points de base (pb). Une telle hausse de taux n’avait plus été observée depuis 1994. En mai, la Fed avait déjà relevé ses taux de 0,5 %, et en mars de 0,25 %. Aujourd’hui, les taux directeurs américains se situent entre 1,5 % et 1,75 %. La Fed n’exclut pas qu’ils puissent atteindre 3 % d’ici la fin de 2022, et le marché s’attend même à ce qu’ils atteignent 3,5 %. À court terme, il anticipe une hausse supplémentaire de 75 pb en juillet. Exit donc la politique accommodante de la Fed. Jerome Powell se montre décidé à limiter l’inflation exceptionnellement élevée avec cette politique de resserrement monétaire qui pourrait bien durer deux ans.

Début juin, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une hausse de 25 pb pour le mois de juillet et a laissé entrevoir une hausse supplémentaire de 50 pb en septembre. Elle va également mettre fin à son programme d’achat d’obligations. Cela a entraîné une hausse significative des taux d’intérêt des pays européens (dont l’Italie) affichant une situation budgétaire fragile. La BCE s’est donc réunie en urgence pour annoncer des mesures de soutien à ces pays.

Les banques centrales d’autres pays tels l’Australie, l’Inde et le Royaume-Uni s’inscrivent dans la même tendance. À l’échelle mondiale, cela porte le nombre de hausses des taux à plus de 60 cette année. L’époque de l’argent gratuit et des crédits faciles est définitivement révolue.

L’inflation continue de grimper

Toutes les banques centrales s’attellent à combattre l’inflation qui, à chaque fois, se révèle plus élevée qu’anticipée.

  • Aux États-Unis, l’inflation a atteint 8,6 % (versus 8,3 % selon les anticipations) en mai dernier en glissement annuel, soit le taux le plus élevé depuis 40 ans. En cause : le logement, le carburant et l’alimentation (dont le prix a augmenté de plus de 10 % pour la 1ère fois en 40 ans). L’inflation de base – dont sont exclues l’alimentation et l’énergie – a atteint 6 %, soit un chiffre également supérieur aux attentes.
  • En Europe, le chiffre officiel relatif au mois de mai s’élève à 8,1 % en glissement annuel selon la BCE (versus 7,4 % en avril). Cette dernière prévoit désormais un taux d’inflation de 6,8 % pour 2022 et de 3,5 % pour 2023. Ces chiffres sont supérieurs aux prévisions établies en mars dernier et dépassent largement l’objectif fixé à 2 %.

Quelles sont les causes de cette inflation exceptionnelle ? La forte demande post-covid, les problèmes d’approvisionnement, l’imprévisible guerre en Ukraine et les confinements persistants en Chine. Autant d’éléments connus depuis des mois déjà.

Quand le pic sera-t-il atteint ? Vraisemblablement au second semestre, mais cela va dépendre en grande partie de l’amplitude et du rythme des hausses de taux, et de leur impact sur l’économie.

Il est à noter que les hausses de taux affectent essentiellement la demande. Avec des taux de base plus élevés, il devient plus onéreux pour les banques commerciales de se financer. Cela impacte inévitablement les entreprises et les consommateurs pour qui le crédit - à l’investissement, à la consommation ou hypothécaire - devient également plus cher. Ces acteurs hésitent davantage à investir, de surcroît, en période d’incertitude actuelle. Résultat : un fléchissement de la demande qui devrait entraîner dans son sillage une baisse des prix. La Fed et les autres banques centrales n’ont toutefois aucune prise sur la hausse des prix des matières premières ni sur les perturbations des chaînes logistiques qui sont à l’origine de l’inflation actuelle. Et c’est là que le bât blesse.

Les hausses de taux vont freiner l’économie

L’activité économique s’affaiblit progressivement. Cela s’explique entre autres par la guerre en Ukraine et les confinements persistants en Chine. En outre, les interventions des banques centrales vont bientôt commencer à affecter l’économie. Le président Jerome Powell espérait initialement un soft landing de l’économie – c’est-à-dire un ralentissement contrôlé de l’économie – mais cela s’avère plus complexe que prévu. Une récession dite technique, soit deux trimestres consécutifs de croissance négative (même minime), devient de plus en plus vraisemblable. Ce ralentissement général finira également par peser sur les résultats des entreprises. Les premières indications en la matière devraient arriver mi-juillet.

La Banque mondiale et l’OCDE ont revu à la baisse l’ensemble de leurs prévisions de croissance mondiale. Ils s’attendent à une croissance plus modérée de l’ordre de 3 % (contre 4 % précédemment). La Banque mondiale met également en garde contre le risque de stagflation, soit la combinaison d’une inflation forte et d’une croissance économique faible.

Le point positif est que le marché de l’emploi reste robuste de part et d’autre de l’Atlantique, ce qui soutient la croissance. Pour l’instant, le consommateur tient le coup : il a encore de l’épargne, il n’est pas trop endetté et il s’affirme dans les négociations salariales.

Les marchés restent volatils

Les dernières semaines ont été rudes pour les investisseurs, tant sur les marchés d’actions que d’obligations. L’inflation en hausse, la vigueur des relèvements des taux d’intérêt et les craintes de récession croissantes ont fait plonger les marchés. Depuis le début de l’année, l’indice américain S&P 500 perd 16 % et l’indice européen 15 % (cours de clôture au 16 juin 2022, en équivalent euro). Les rendements sur les marchés obligataires ont grimpé en flèche. La prime de risque a encore crû : les obligations de moindre qualité ont corrigé davantage que les obligations de qualité supérieure.

À court terme, les attentes en matière d’inflation et de taux d’intérêt vont être déterminantes dans l’orientation des marchés financiers. Les premières indications des résultats des entreprises devraient arriver mi-juillet. La question est de savoir dans quelle mesure le fléchissement de l’économie se reflétera dans leurs bénéfices.

La gestion de votre portefeuille : pondération neutre en actions

Cadelam, gestionnaire de fonds du Groupe, s'en tient à sa vision à long terme, mais reste prudent. De nombreuses informations négatives sont déjà intégrées dans les cours, mais le contexte exceptionnel et peu prévisible – guerre, suites de la pandémie et confinements en Chine – limite la visibilité et les marchés réagissent vivement à toute nouvelle importante.

Pour les actions : 

L’incertitude croissante régnant sur les marchés, les gestionnaires ont profité du bref rebond début juin pour alléger les positions actions et ainsi revenir à une pondération neutre.

Cela ne signifie pas pour autant que Cadelam ne s’intéresse plus aux actions, car le gestionnaire de fonds continue de croire que celles-ci constituent le meilleur rempart contre l’inflation. La correction des marchés offre d’ailleurs de belles opportunités. Depuis octobre 2021, les gestionnaires ont donc tiré parti de la volatilité élevée pour acheter des actions de qualité à un cours moins élevé. Il s’agit d’entreprises qui répondent aux convictions et thèmes d’investissement à long terme de Cadelam et qui affichent des flux de trésorerie et bénéfices sains, ainsi qu’un bilan solide. Les achats étaient très variés. La diversification optimale des portefeuilles (plus de 200 entreprises réparties dans divers secteurs et régions) leur permet d’être plus résilients.

Pour les obligations : 

La duration moyenne des obligations en portefeuille a été réduite cette année à 4, ce qui est inférieur à celle du marché. Cela rend le volet obligataire légèrement moins sensible aux hausses de taux. Vendre actuellement des obligations à perte est peu judicieux : les prix fortement corrigés des obligations existantes des portefeuilles finiront par retrouver leur niveau initial. Les rendements attendus des obligations sont montés au-delà de 3 % (en début d’année, ils s’élevaient à peine à 0,6%). Les gestionnaires assurent également une diversification optimale du volet obligataire en termes d’échéance, de risque de crédit, de région et de secteur.

 

Prenez contact avec votre chargé(e) de relation  

En tant qu’investisseur, vous savez probablement que la volatilité est une notion inhérente aux marchés actions. Le prix des actifs réagit à toute nouvelle donnée, et en période d’incertitude, cette réaction peut être significative.

L’inflation, la hausse des taux et le conflit en Ukraine ont pesé sur les rendements des portefeuilles au cours de ces dernières semaines. L’histoire montre que les mouvements impulsifs ne sont généralement pas bénéfiques lors d’une crise. Les investisseurs qui sont sortis des marchés en mars 2020 ou au cours du dernier trimestre 2018 ont raté la rapide reprise qui a suivi la correction. Garder son calme et conserver une perspective à long terme est la meilleure stratégie.

Par ailleurs, il est essentiel que vous vous sentiez confortable et rassuré(e) quant à la situation actuelle. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à prendre contact avec votre chargé(e) de relation afin d’en discuter avec lui/elle.