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Taxation des plus-values : ce qui change pour vos placements

  • 6 janvier 2026
  • Actualités

Le 27 janvier 2025, après plusieurs mois de négociations, le gouvernement ARIZONA a conclu un accord de coalition, annonçant entre autres l’introduction d’une taxation généralisée des plus-values. Le projet de loi mettant en œuvre cette petite révolution de la fiscalité belge a finalement été déposé à la Chambre ce 19 décembre 2025. Elle devrait en principe être votée en cours d’année 2026, mais s’appliquer aux opérations réalisées dès ce 1er janvier 2026.

Le résumé qui suit vous offre un aperçu des éléments essentiels de cette taxe, selon le texte actuel du projet, pour ce qui concerne vos placements. D’autres communications thématiques seront diffusées ultérieurement, notamment à propos de l’impact de la nouvelle taxe pour les actionnaires de sociétés privées.

Le cadre général

Le taux de la taxe sera en principe de 10 %. Elle s’appliquera aux plus-values qui sont réalisées dès ce 1er janvier 2026 lors de la vente de ce que la loi fiscale appelle les « actifs financiers ».

Les contribuables visés

La taxe visera les particuliers qui ont leur résidence fiscale en Belgique, ainsi que les ASBL et fondations (soumises à « l’impôt des personnes morales »), sauf celles qui peuvent délivrer des attestations fiscales pour des dons.

Les sociétés belges et les non-résidents ne seront en revanche pas concernés. Les premières sont toutefois soumises à l’impôt des sociétés – que le projet de loi ne modifie pas – et les seconds à l’éventuelle fiscalité applicable dans leur État de résidence.

En cas de démembrement (actifs détenus en usufruit/nue-propriété), c’est le nu-propriétaire qui sera redevable de la taxe.

Les actifs financiers visés

La taxe s’appliquera à une large gamme d’actifs financiers. Les actions, obligations, parts de fonds, ETF, de nombreux contrats d’assurance (notamment branche 23), ou encore les cryptoactifs, l’or ou les devises.

Les produits des deuxième et troisième piliers (notamment les fonds d’épargne pension ou encore les assurances-groupe) sont en principe exclus, tout comme les œuvres d’art et les immeubles.

Les opérations visées

La taxe s’appliquera lorsqu’une plus-value est réalisée à l’occasion d’une « cession à titre onéreux » d’un actif financier visé. Elle vise dès lors, entre autres, les opérations de vente.

Les donations et successions ne seront en revanche pas soumises à cette taxe, mais elles impliqueront une transmission de la latence fiscale.

Le calcul de la plus-value imposable

Le calcul du montant de la plus-value imposable est assez complexe. Il correspondra en substance à la différence entre le prix de vente de l’actif et son prix d’achat par le vendeur (ou par la personne qui lui a donné ou légué l’actif).

Une exception permet néanmoins de garantir le maintien de l’exonération des plus-values latentes au 1er janvier 2026 (les plus-values « historiques »). Les futures plus-values relatives aux actifs financiers qu’un contribuable détient le 1er janvier 2026 se calculeront en effet à partir de leur valeur au 31 décembre 2025, et non de leur prix d’achat historique.

Exemple 
En 2022, le contribuable achète une action pour un prix de 40 euros. Il détient encore l’action le 1er janvier 2026 et sa valeur au 31 décembre 2025 était de 90 euros. En 2027, le contribuable vend l’action pour un prix de 100 euros. La plus-value imposable s’élèvera à 10 euros (100 euros – 90 euros) et non à 60 euros (100 euros – 40 euros).

Une exception à cette exception est prévue pour ces actifs détenus au 1er janvier 2026, en faveur des contribuables. Dans ce cas, si leur valeur au 31 décembre 2025 est inférieure à leur prix d’acquisition réel, le contribuable pourra faire valoir ce prix réel pour diminuer le montant de la plus-value imposable.

Exemple 
En 2022, le contribuable achète une action pour un prix de 40 euros. Il détient encore l’action le 1er janvier 2026 et sa valeur au 31 décembre 2025 était de 10 euros. En 2027, le contribuable vend l’action pour un prix de 100 euros. La plus-value imposable s’élèvera à 60 euros (100 euros – 40 euros) et non à 90 euros (100 euros – 10 euros).

Attention toutefois, cette possibilité de reprendre le prix d’acquisition réel plutôt que la valeur au 31 décembre 2025 vaut uniquement pour les cessions qui ont lieu dans un délai de 5 ans à compter de l’entrée en vigueur de la taxe, à savoir avant le 31 décembre 2030. Après cette date, c’est nécessairement la valeur au 31 décembre 2025 qui sera retenue.

L’exonération de 10 000 euros par an

En parallèle, chaque contribuable pourra réaliser 10 000 euros de plus-values exonérées par an. Le taux de la taxe étant de 10 %, l’avantage fiscal de cette mesure est en principe limité à 1000 euros par an.

L’exit tax

La loi en projet prévoit aussi une « exit tax » en cas d’émigration d’un contribuable en dehors de la Belgique. Il s’agit d’une taxation des plus-values latentes sur les actifs détenus au jour du départ, en principe au taux de 10 %.

L’exit tax ne devra toutefois pas être effectivement versée à l’État et sera définitivement annulée si certaines conditions sont respectées durant un délai de 24 mois à compter du départ, impliquant notamment l’absence de vente des actifs concernés dans ce délai.

La coexistence de la taxe Reynders

La taxe Reynders sera (finalement) maintenue. Pour rappel, il s’agit de la taxation à 30 % de la plus-value réalisée lors de la vente de parts de fonds, dans la mesure où cette plus-value provient des investissements obligataires du fonds.

Les deux régimes coexisteront dès lors, mais ne se superposeront pas. En effet, la plus-value issue des investissements obligataires du fonds demeurera taxable à 30 % et la nouvelle taxe de 10 % ne s’appliquera qu’au solde de la plus-value. La double imposition est ainsi évitée.

La déduction des moins-values et des frais et taxes

Les moins-values seront déductibles, mais de manière limitée. Cela n’est possible que si la moins-value a été réalisée par la même personne, au cours de la même année et dans la même catégorie d’actifs financiers imposables. L’éventuel excédent de moins-values ne pourra ni être repris pour être déduit des plus-values d’une année antérieure ni reporté pour être déduit de celles d’une année ultérieure.

Les frais et taxes qui ont grevé l’acquisition, la détention ou encore la vente des actifs –par exemple la TOB, la taxe sur les comptes-titres ou encore les droits de garde – ne seront, en revanche, pas déductibles.

Les modalités de perception de la nouvelle taxe 

Ce projet de loi prévoit deux options pour la perception de cette taxe, ainsi qu’une période de transition entre le 1er janvier et le vote de la loi.

La retenue d’un précompte mobilier libératoire

La Banque retiendra un précompte mobilier de 10 % sur chaque plus-value réalisée pour ses clients visés par la taxe, lorsqu’elle intervient dans l’opération. La retenue de ce précompte est « libératoire » : elle dispense les clients de reprendre ces plus-values dans leur déclaration fiscale. Les contribuables évitent ainsi une charge administrative potentiellement lourde, et préservent leur discrétion à l’égard de l’administration.

Lors de la retenue de ce précompte, quelques éléments ne peuvent être pris en compte par les banques, par exemple l’exonération annuelle de la première tranche de plus-value de 10 000 euros, ou encore la déduction des moins-values de l’année.

Le cas échéant, le contribuable pourra toutefois récupérer l’éventuel précompte qui aurait été retenu en trop via sa déclaration fiscale. Le contribuable ne perd donc aucun droit. La Banque mettra à disposition de ses clients toutes les informations nécessaires pour obtenir aisément cette récupération.

Delen Private Bank assurera par défaut le calcul du montant de vos plus-values imposables, la retenue du précompte mobilier libératoire, et son versement à l’État, sur une base anonyme. Vous n’avez donc aucune démarche à entreprendre.

Le régime de l’« opt-out »

Les clients de la Banque peuvent aussi lui demander de ne pas retenir ce précompte : c’est le régime de l’ « opt-out ».

Ce choix peut se faire séparément pour chaque compte, mais à chaque fois à la demande de l’ensemble des titulaires du compte et pour l’ensemble de l’année. Le choix ne peut être révoqué qu’une fois par an, et la révocation ne vaut que pour l’année suivante.

Les contribuables s’engagent alors à calculer et à reprendre eux-mêmes l’ensemble des plus-values du compte dans leur déclaration fiscale. La Banque est quant à elle tenue de communiquer automatiquement à l’administration fiscale une série d’informations, comme les noms, prénoms, adresses complètes et numéros d’identification au registre national de chaque titulaire du compte, mais aussi le montant de l’ensemble des plus-values qui ont été réalisées sur ce compte.

L’intérêt de l’opt-out sera souvent (très) limité au regard de ses inconvénients : essentiellement, un simple évitement du préfinancement de l’impôt, en contrepartie d’une charge administrative potentiellement lourde pour les contribuables, ainsi que de la perte certaine de leur discrétion à l’égard de l’administration.

Si vous souhaitez néanmoins choisir ce régime de l’opt-out, vous pouvez dès à présent contacter votre chargé(e) de relation pour en discuter et lui demander de mettre à votre disposition, pour les comptes que vous lui indiquerez, le formulaire « opt-out ». Attention, le formulaire doit être complété par l’ensemble des titulaires du compte avant le 6 février 2026.

La période transitoire

La taxe s’appliquera aux opérations réalisées dès ce 1er janvier 2026, mais ne sera votée et publiée au Moniteur belge qu’en cours d’année 2026.

Aucun précompte mobilier ne pourra être retenu par les banques sur les plus-values qui seraient réalisées entre le 1er janvier 2026 et le dixième jour de la publication de la loi au Moniteur belge (la période « transitoire »). La déclaration de ces éventuelles plus-values incombe dès lors en principe aux contribuables.

Heureusement, la loi permet aux banques d’offrir à leurs clients de retenir ultérieurement (après le vote et la publication de la loi au Moniteur belge) une somme équivalente au précompte mobilier sur l’ensemble des plus-values qui auraient été réalisées durant cette période transitoire. La retenue de cette somme les dispensera de l’obligation de reprendre ces plus-values dans leur déclaration fiscale, au même titre qu’un véritable précompte mobilier.

Delen Private Bank recontactera en temps utile — une fois la loi votée et publiée au Moniteur belge — les clients qui ont réalisé des plus-values durant cette période transitoire, pour autant qu’ils soient encore clients de la Banque à ce moment-là, afin de leur offrir cette possibilité.   

Vous l’aurez compris, l’application de cette nouvelle taxe peut être particulièrement complexe, mais Delen Private Bank met tout en œuvre pour qu’elle soit aussi simple que possible pour vous. Nous suivons de près les évolutions législatives et vous en tiendrons informé(e).
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