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Le Moyen-Orient sous tension : quels enjeux économiques ?

  • 5 mars 2026
  • Actualiteit

Ce samedi, Israël et les États-Unis ont mené des frappes aériennes en Iran. À l’ouverture des marchés lundi matin, la nervosité était palpable, en particulier sur le segment de l’énergie. Il s’agit d’un schéma classique lors de chocs géopolitiques : la première réaction peut être violente, mais agir dans la précipitation s’avère rarement judicieux. D’un point de vue économique, ce conflit impactant d’abord et surtout l’énergie, il existe dès lors des différences régionales. Pour votre portefeuille, cette dynamique régionale a également son importance : au sein de notre diversification, le poids des actions américaines constitue un atout, car les États-Unis sont moins sensibles à un choc énergétique externe que l’Europe. Dans cet article, nous vous expliquons comment ces tensions peuvent se répercuter sur l’économie.

Ces derniers jours, la réaction la plus marquante est venue de l’énergie. Lundi, le prix du gaz a ouvert en nette hausse et a brièvement atteint + 50 % en cours de séance, après que le Qatar – acteur central sur le marché mondial du GNL – a temporairement interrompu sa production à la suite d’attaques iraniennes contre des installations énergétiques. Jeudi matin, le prix du gaz affichait une hausse de 60 % depuis le début des hostilités.

Le pétrole a lui aussi progressé vers son plus haut niveau depuis plus d’un an, le marché intégrant à nouveau une prime de risque géopolitique. La volatilité s’est également illustrée sur les marchés actions : aux États-Unis, un recul d’environ 2 % a ensuite été partiellement résorbé, tandis qu’en Europe, les marchés ont peiné à rebondir. Ces mouvements de marché ne doivent rien au hasard. Ils s’expliquent en grande partie par la vulnérabilité d’un lieu stratégique pour l’approvisionnement mondial : le détroit d’Ormuz.

Ormuz : un nœud névralgique fragile

Le détroit d’Ormuz est une étroite voie maritime entre l’Iran et la péninsule Arabique, large de seulement 54 kilomètres à son point le plus étroit. Il n’existe que deux routes maritimes pour le trafic entrant et sortant.

L’importance économique d’Ormuz est considérable. Chaque jour, environ 20 millions de barils de pétrole y transitent, soit près de 20 % du commerce mondial, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les flux de GNL en dépendent également : le gaz liquéfié provenant du Qatar et des Émirats arabes unis transite presque entièrement par ce détroit, soit environ 19 % du commerce mondial de GNL. L’Iran demeurant un grand producteur de pétrole, avec quelque 3 millions de barils par jour, des tensions dans et autour du détroit d’Ormuz renforcent le risque de pressions tant sur le transit que sur l’offre de pétrole.

Des perturbations logistiques peuvent survenir dans cette région, même en l’absence d’un blocage formel. Des tensions dans la « zone grise » suffisent : incidents sur ou à proximité des voies maritimes, menaces en matière de cybersécurité, hausse des primes d’assurance ou transporteurs qui préfèrent attendre ou modifier leur itinéraire par précaution. Ces frictions se traduisent rapidement par des coûts plus élevés et des retards — et donc par une hausse des prix de l’énergie.

C’est pourquoi les marchés de l’énergie et les bourses réagissent vivement : ils n’intègrent pas seulement l’hypothèse d’un resserrement de l’offre, mais aussi le risque que le transit par Ormuz devienne plus coûteux, plus lent ou temporairement impossible. Et comme les options de contournement sont limitées, Ormuz reste un point structurellement fragile dans l’équilibre énergétique mondial.

Les effets économiques en cascade

L’impact économique de ce type d’escalade ne touche pas d’emblée les actions, mais se propage par une réaction en chaîne. Tout commence par l’énergie. La hausse des prix du pétrole et du gaz fait d’abord grimper l’inflation globale : le carburant, le gaz et l’électricité deviennent immédiatement plus chers. Vient ensuite l’effet indirect : le transport, la logistique et la production coûtent davantage. Les entreprises tentent alors progressivement de répercuter ces hausses, qui peuvent, si les prix de l’énergie restent élevés, se propager et même influencer l’inflation sous-jacente.

L’Europe est à cet égard plus vulnérable que les États-Unis. En raison de sa dépendance aux importations d’énergie, en particulier de gaz et de GNL, les hausses de prix se répercutent plus rapidement sur l’inflation et les coûts industriels, ce qui peut freiner temporairement la croissance. Aux États-Unis, l’économie est moins tributaire des importations en énergie et le pays peut compter sur une production domestique plus robuste. Cette différence vaut également pour la politique monétaire : comme un choc énergétique se reflète plus rapidement dans les chiffres d’inflation en Europe, il peut peser plus tôt sur les anticipations de trajectoire des taux qu’aux États-Unis.

En ce qui concerne les taux d’intérêt, les banques centrales ne réagissent généralement pas immédiatement à une hausse temporaire des prix du pétrole et du gaz, puisqu’il s’agit d’un choc externe sur les coûts. Mais les marchés, eux, anticipent : si les investisseurs redoutent une hausse durable des prix de l’énergie, les anticipations d’inflation augmentent et les attentes de baisse de taux sont postposées. Cela se reflète d’abord sur le marché obligataire : les taux longs progressent, car les investisseurs exigent un rendement plus élevé pour compenser l’incertitude inflationniste.

Cela nous amène aux marchés actions. Des taux plus élevés réduisent la valeur actualisée des bénéfices futurs, ce qui peut peser sur les valorisations des actions. Dans un contexte d’incertitude géopolitique, les investisseurs deviennent, en outre, plus prudents, ce qui peut faire baisser le prix qu’ils sont prêts à payer pour les mêmes perspectives bénéficiaires et provoquer des reculs ou de la volatilité, même si les chiffres économiques ne se sont pas encore détériorés. En période de volatilité, les valeurs refuges, tel l’or, ont tendance à s’apprécier, tout comme le dollar américain.

La durée, facteur déterminant de l’impact réel

Lors d’une escalade géopolitique, la réaction initiale des marchés est souvent rapide et émotionnelle. Mais l’impact économique dépend de la durée des perturbations. Si la situation se calme rapidement, l’effet se limite souvent à une volatilité temporaire et à une prime de risque momentanée sur les prix de l’énergie. Par contre, si les tensions persistent, la probabilité augmente que les prix élevés du pétrole et du gaz influencent durablement l’inflation, les taux et la croissance. Dans ce cas, les marchés actions peuvent rester volatils plus longtemps, avec de possibles nouvelles baisses. C’est précisément pour cette raison qu’il est difficile aujourd’hui d’évaluer l’impact exact. Dans de telles circonstances, prendre des décisions d’investissement drastiques en se basant sur les premiers chocs est rarement payant.

Les avantages de la diversification et d’une vision à long terme

Votre portefeuille est largement diversifié en termes de régions et de secteurs. Il est donc conçu pour absorber ce type de chocs. Notre exposition aux actions américaines joue actuellement un rôle important : comme évoqué, l’économie américaine est généralement moins sensible à un choc énergétique externe qu’en Europe. Combinée à une exposition à des secteurs plus défensifs, cette allocation équilibrée contribue à renforcer la résilience de votre portefeuille dans le contexte actuel.

Bien que nous ayons récemment légèrement réduit l’exposition aux États-Unis afin de préserver l’équilibre régional, le marché américain demeure donc un pilier stabilisateur important au sein de votre portefeuille.

Davantage de fluctuations de marchés restent possibles à court terme. Mais nous suivons la situation de près, tout en maintenant notre stratégie : la diversification et une approche cohérente demeurent les meilleurs alliés.

En période d’incertitude géopolitique, la tentation est forte de réagir vite, mais l’expérience montre que la discipline fait la différence. Un portefeuille diversifié, un profil de risque adapté et, surtout, le fait de rester investi – même lorsque les émotions s’intensifient – sont essentiels. Lors des moments de crise, les marchés peuvent connaître de fortes fluctuations. Sortir des marchés après une baisse revient souvent à manquer le rebond qui s’en suit, car les meilleures séances boursières surviennent fréquemment peu après les pires. Les chocs soudains influencent rarement la performance à long terme. Les investisseurs qui ont traversé les crises précédentes – coronavirus, Ukraine, guerre commerciale – en restant disciplinés ont été généralement récompensés.

Disclaimer : Les informations présentées dans cet article ne peuvent être considérées comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement ou une analyse en matière d’investissement. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs.

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