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La gestion de portefeuille en 5 questions et réponses

Cette série vous dévoile les coulisses de Cadelam, gestionnaire de fonds du Groupe Delen. Cadelam gère les quelque 26 milliards d’euros de nos clients via des fonds d’investissement. Comment font-ils cela ? La gestion de portefeuille en 5 questions-réponses.

René Havaux, CEO de la Banque, s'est entretenu avec Edouard Coene et John le Hardÿ de Beaulieu, responsables des fonds patrimoniaux chez Cadelam. « Notre filiale Cadelam est mandatée par la Banque pour gérer les fonds dans lesquels nos clients investissent », nous explique René Havaux. La gestion implique certains principes de base : le capital est investi sur la base d'une vision à long terme, proactive et attentive aux risques, et selon des règles durables bien définies. Notre coopération remonte à 2007 lors de la fusion de la Banque avec la société de gestion Capfi. C'est ainsi qu'est né Capfi Delen Asset Management, ou Cadelam en abrégé.

1. Comment construisez-vous un portefeuille actions ?

John le Hardÿ de Beaulieu : Pour les actions, on a une approche globale, également appelée top-down. Plutôt que de commencer par sélectionner une série d’actions individuelles, on se penche d’abord sur le contexte macroéconomique qui nous permet de définir, selon nous, les thèmes porteurs d’avenir, comme la technologie, la démographie et la mondialisation. Au sein de ceux-ci, nous déterminons les zones géographiques et les secteurs les plus pertinents. Par exemple, si on veut investir dans le Cloud, on va forcément le faire aux États-Unis où se trouvent les acteurs principaux. Ensuite, nous analysons les sociétés dans ces thèmes et secteurs choisis. Et finalement nous investissons dans celles qui nous paraissent les meilleures, tant au niveau financier que durable ou stratégique. On va également toujours choisir de répartir le risque entre plusieurs entreprises.

2. Qu’avez-vous fait pendant la correction ? Avez-vous effectué plus de transactions ?

John le Hardÿ de Beaulieu : Même si ce qu’on a fait avant la crise est sans doute le plus important, j’aimerais revenir sur ce qu’on a fait pendant celle-ci. Nous avons continué à diminuer les risques dans la partie obligataire, en vendant des obligations d’entreprise moins solides au profit d’obligation d’État. On a donc pu améliorer la solidité et la liquidité des portefeuilles. En matière d’actions, nous avons favorisé des entreprises dotées de bilans stables et semblant moins impactées par la crise. Enfin on a voulu profiter de la correction pour acheter des actions meilleur marché. Il s’agissait surtout d’ajustements, car dans de telles circonstances, il est très difficile de jouer le timing. Comme tout le monde, nous avons d’ailleurs été surpris par la vigueur de la correction et par la reprise rapide et spectaculaire qui a suivi. La volatilité que nous avons connue nous a confortés dans l’idée qu’un bon positionnement avec une vision à long terme est essentiel.

3. Comment suivez-vous plusieurs centaines d’entreprises ?

Edouard Coene : Si on souhaite être présent dans plusieurs régions du monde, dans différents secteurs, dans plusieurs sous-secteurs, on doit avoir beaucoup d’actions différentes. L'équipe Cadelam utilise une double approche : informatique et humaine. La technologie nous permet de suivre les actions en temps réel, via des rapports, des alertes et un système de trading performant. Elle nous permet aussi de maîtriser les risques et d’optimiser la performance. On connaît donc à tout moment pourquoi le rendement évolue comme il le fait dans un contexte de marché donné. L’approche humaine repose sur l’expertise au sein de l’équipe Cadelam et de contreparties externes, dont des analystes et des économistes sur lesquels nous pouvons toujours compter.

Comment choisissez-vous les obligations ?

John le Hardÿ de Beaulieu : Le marché obligataire est très vaste. Mais on peut globalement distinguer trois grands types d’obligations : les obligations d’État, les obligations d’entreprise classiques et les obligations dites à haut rendement, qui sont soit subordonnées, soit émises par des entreprises de moins bonne qualité. Le niveau de risque diffère donc de l’une à l’autre. Actuellement, vu le contexte, nous restons plutôt défensifs pour contrebalancer le risque des actions.

Comment choisissez-vous vos débiteurs au sein des sous-secteurs ?

Edouard Coene : Nous favorisons les grosses entreprises avec un bilan solide pour lesquelles nous disposons de beaucoup d’informations. Nous sélectionnons des obligations suffisamment liquides, diversifiées et disposant d’un business model solide. En outre, on va éliminer toutes les sociétés n’entrant pas dans nos critères de durabilité. Enfin, on va peser le risque face au rendement potentiel de l’obligation et on va faire attention à ne pas concentrer trop de risques sur une société.

4. Pourquoi investir dans des obligations qui ne rapportent presque rien ?

René Havaux : J'aime comparer la fonction des obligations au sein d’un portefeuille avec la quille de plomb d’un voilier. Certes, elle ralentit la vitesse du navire en pleine course, mais elle le stabilise lors de la tempête. C'est exactement le rôle des obligations : elles permettent aux portefeuilles de tenir le cap dans des conditions boursières turbulentes.

Le nombre de titres dans la partie obligataire est encore plus élevé que celui des actions. Pourquoi ?

Edouard Coene : Cela répond à notre stratégie de diversification et permet de maîtriser le risque de concentration. Diversifier la partie obligataire ne signifie pas nécessairement diminuer le rendement, mais cela fait clairement baisser le risque. Imaginons deux portefeuilles, l’un avec une dizaine d’obligations, l’autre avec une centaine. Si tout va bien, le rendement est similaire en fin d’année. Par contre, si une entreprise est en difficulté à cause d'un événement inattendu – la crise du coronavirus, par exemple – les cours de ses obligations en circulation s'effondrent. Vous ne pouvez jamais compenser cette perte en n'ayant qu’une dizaine d’obligations, mais bien avec un portefeuille obligataire plus étoffé. C'est pourquoi nous maintenons notre exposition par émetteur à un niveau très faible.

5. Investir de façon durable, comment faites-vous cela concrètement ?

John le Hardÿ de Beaulieu : Soulignons, tout d’abord, que la durabilité nous tient particulièrement à cœur. Nous faisons la différence en appliquant notre gestion responsable à la totalité des actifs gérés, soit 26 milliards d’euros.

Et comment se déroule ce processus de durabilité ?

John le Hardÿ de Beaulieu : Notre processus d'investissement durable s’articule autour de trois piliers. Le premier est simple : nous excluons secteurs ou entreprises non durables de nos portefeuilles. Le deuxième est l’engagement : avec l’aide d’une société externe, Hermes EOS, nous dialoguons avec les entreprises afin de les aider à améliorer leur politique de développement durable. Le droit de vote, détenu indirectement en tant que client, est également utilisé pour faire bouger les choses. Enfin, le troisième pilier est l'intégration de paramètres non financiers dans le processus décisionnel. Dans nos investissements, nous tenons également compte de critères tels que l'écologie, l’impact sociétal et la bonne gouvernance. Nous pensons que cette démarche comporte aussi un intérêt financier. Nous remarquons dans les performances que les marchés récompensent les entreprises les plus durables. Cela nous ramène à notre perspective à long terme : une entreprise qui vise une croissance des bénéfices à long terme ne peut échapper à l'exigence légitime de travailler de manière responsable.

 
 
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