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« Dans ma fonction, les succès sont souvent invisibles »

Marie Dargent Bouthery – Chief Risk Officer – Delen Private Bank Luxembourg

  • 7 septembre 2026
  • Delen et ses collaborateurs

Delen Private Bank connaît une croissance rapide. Et même si l’on prête souvent beaucoup d’attention aux chiffres, les personnes qui composent l'organisation sont tout aussi importantes. Une gestion réfléchie de votre portefeuille, le traitement efficace d'une donation, de nouvelles fonctionnalités dans l'application Delen : cette expérience client unique n'est possible que grâce au dévouement de nos collaborateurs sur le devant de la scène comme en coulisses. Le succès de Delen s'écrit chaque jour grâce à eux.

Derrière chaque décision stratégique ou chaque innovation de la Banque se cache une question essentielle : quels risques sommes-nous prêts à prendre ? Cette réflexion fait partie du quotidien de Marie Dargent Bouthery, Chief Risk Officer au Luxembourg. Un métier souvent méconnu, où l'intuition, la pédagogie et le dialogue jouent un rôle aussi important que l'expertise technique.

Quel était ton parcours avant de rejoindre Delen Private Bank Luxembourg ?

Je suis française d’origine, mais toute ma vie professionnelle s’est construite au Luxembourg, où j’ai aussi rencontré mon mari. Après des études en économie et gestion, j’ai commencé ma carrière dans l’audit. J’y ai développé le goût de l’analyse, des questions précises et de la compréhension des processus. Ma transition vers la gestion du risque opérationnel s’est ensuite faite assez naturellement.

J'ai rejoint Delen Private Bank Luxembourg en 2023. Après plusieurs années passées dans de grands groupes, j'avais envie de retrouver davantage de proximité dans les échanges et de travailler dans un environnement où les décisions se prennent rapidement. À mon arrivée, j’exerçais ma fonction au Luxembourg tout en assurant la gestion des risques pour Delen Suisse. Cette double responsabilité m’a permis de nouer des liens précieux avec les collègues des différentes entités du groupe.

En quoi consiste concrètement ta fonction de Chief Risk Officer ?

Mon rôle est d'anticiper, de prévenir et de rendre compréhensibles les risques auxquels la Banque est exposée. Concrètement, je traduis des sujets parfois très techniques pour que chaque collaborateur comprenne ce qui est en jeu, quel que soit son département. Je travaille sur des risques très variés, qu’ils soient liés aux processus, aux comportements humains, à la réglementation ou à des enjeux plus émergents, comme les cybermenaces ou l’intelligence artificielle.

Lorsqu'une nouvelle fonctionnalité est développée ou qu'un processus est revu, mon rôle est de poser les bonnes questions dès le départ : quels sont les impacts potentiels ? Quels scénarios devons-nous envisager ? Comment sécuriser le projet sans freiner son développement ? L'objectif est toujours le même : permettre à la Banque d'avancer sereinement tout en protégeant ses clients. J’aime bien dire, pour plaisanter, que je suis payée pour être un peu paranoïaque… mais de manière constructive.

Ce que j’apprécie particulièrement chez Delen, c'est la diversité de cette fonction. Peu de métiers offrent une vue d'ensemble aussi complète sur le fonctionnement d'une banque. Nous travaillons avec pratiquement tous les départements, de la gestion des fonds d’investissement à l’IT, en passant par l’opérationnel ou même le marketing.

Quelles qualités faut-il, selon toi, pour exercer ce métier ?

Je dirais d’abord qu’il faut faire confiance à son intuition. Lorsqu’un processus paraît fragile ou qu’une situation mérite davantage d’attention, ce ressenti n’est souvent pas anodin. Il faut alors oser creuser et, parfois, savoir dire non. Non pas pour bloquer un projet, mais pour prendre le recul nécessaire et éviter de s’engager dans une mauvaise direction.

Avec l’expérience, j’ai aussi appris qu’il ne fallait jamais hésiter à poser des questions qui peuvent paraître simples. Ce sont souvent celles que personne n’ose formuler, alors qu’elles permettent de clarifier une situation pour toute l’équipe.

Enfin, pour moi, la gestion du risque ne se limite pas au contrôle. C’est avant tout une fonction d’amélioration continue. Elle demande de la curiosité, de l’écoute et une bonne compréhension de la manière dont les différentes équipes travaillent ensemble. Il faut créer des ponts, encourager le dialogue et parvenir à convaincre sans imposer. Il y a donc une vraie dimension de pédagogie, de communication et de médiation, et c’est ce qui rend ce métier aussi vivant qu’utile.

Pour plaisanter, j’aime bien dire que je suis payée pour être un peu paranoïaque… mais de manière constructive.

Quelle est la partie la plus délicate de ton travail ?

Certains collègues peuvent avoir l’impression que je suis là pour compliquer leur quotidien ou « surveiller » le travail des équipes, surtout dans des moments où il faut prendre des décisions rapidement. C'est un stéréotype assez répandu dans notre métier : celui du Chief Risk Officer qui dit toujours non. Or, notre rôle n’est pas de freiner les projets, au contraire. Nous sommes là pour aider les équipes à prendre les bons risques, au bon moment. En effet, cela fait partie de toute activité, le « zéro risque » n’existant pas.

Notre mission consiste à identifier les angles morts, à challenger les projets et à construire un cadre qui protège la performance sur le long terme. Nous poursuivons exactement le même objectif que les autres équipes : permettre à la Banque de grandir et de réussir, mais de manière maîtrisée et durable.

J'aime bien comparer la gestion des risques à un filet de sécurité. Il n'empêche pas d'avancer, il permet simplement d'aller plus loin avec davantage de confiance. C'est pourquoi j'accepte volontiers que nos collègues nous trouvent parfois un peu pénibles. C'est souvent le signe que nous posons les bonnes questions.

Quelles différences perçois-tu entre le Luxembourg et les autres entités du groupe ?

Entre les autres pays et le Luxembourg, les fondamentaux sont les mêmes. La stratégie est claire, cohérente, partagée à l’échelle du groupe, et cela se ressent dans la manière de travailler. La principale différence concerne la taille des équipes. Au Luxembourg, nous sommes moins nombreux, ce qui rend les échanges plus rapides et la collaboration plus naturelle au quotidien.

Je suis la seule de mon département au Luxembourg, mais je ne me sens pas isolée pour autant. Je travaille quotidiennement avec mes collègues des autres pays, avec lesquels j'entretiens une excellente relation. Nous partageons régulièrement nos expériences, nos méthodes et nos bonnes pratiques. Un « Risk Day » est d’ailleurs organisé chaque année pour rassembler les équipes des différentes entités.

Pour moi, la différence réside donc surtout dans l’échelle plutôt que dans la culture. L’ambiance de travail caractéristique de Delen se retrouve également au Luxembourg. Il y a un véritable esprit familial, de la bienveillance, avec des collègues présents depuis longtemps et de nouveaux profils qui apportent une autre énergie. Les équipes se mélangent, les discussions naissent facilement et cela crée un environnement de travail très chaleureux.

Qu’est-ce qui te rend heureuse au travail ?

Dans ma fonction, les succès sont souvent invisibles. Lorsqu'une année se déroule avec très peu d'incidents, lorsque la stratégie est respectée et que la Banque reste solide malgré un environnement incertain, cela signifie généralement que nos nombreuses actions de prévention ont porté leurs fruits. Cela me convient ; je suis heureuse de contribuer à cette capacité d’anticipation, à cette protection du long terme. C’est un rôle discret, mais essentiel, qui fait profondément sens pour moi.

Ce qui est amusant, c’est que cette manière de penser ne s’arrête pas aux portes du bureau. À la maison, mes proches aiment dire que je suis la « Chief Risk Officer » de la famille. Vacances, sorties, organisation du quotidien : je me surprends souvent à imaginer spontanément différents scénarios et à prévoir un plan B en cas d’imprévus.

Au fond, je fonctionne de la même manière au travail que dans la vie privée : je n’impose rien, j’explique et je mets en perspective. Finalement, c'est peut-être ce qui définit la gestion des risques : protéger ce qui compte tout en laissant suffisamment de place à la spontanéité.

Nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux talents !

Envie de rejoindre la Banque ? Consultez nos offres d'emploi sur notre page Internet. Rien trouvé qui corresponde à votre expertise ? Envoyez-nous une candidature spontanée – CV et lettre de motivation – à l’adresse hr@delen.bank. Nous vous contacterons rapidement !

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